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Miel ou sucre : que choisir ?

  • 18 mars
  • 4 min de lecture

Diététicienne comparant le miel et le sucre blanc sur le plan nutritionnel

On serait tous d'accord pour dire que le miel est meilleur que le sucre. C'est naturel, c'est produit par les abeilles, ça existe depuis la nuit des temps. Alors forcément, c'est meilleur. Quand est-il vraiment? Est ce que nos préjugés sont bons? Peut etre pas toujours pour les raisons que l'on croit.

 


Miel ou sucre, lequel est moins calorique ?


Si le choix du miel est motivé par la gestion du poids, il est vrai qu'il marque un léger avantage. À cuillère à soupe égale — soit 20g — le miel apporte 66 kcal contre 80 kcal pour le sucre blanc. Une différence réelle, mais modeste.

Là où le miel se distingue vraiment, c'est sur son index glycémique. À quantité égale, il élève moins la glycémie que le sucre — ce qui limite les pics glycémiques, les hypoglycémies réactionnelles et les fringales qui s'ensuivent.

En gardant toutefois à l'esprit que c'est l'apport énergétique journalier global qui reste le facteur déterminant sur la courbe de poids.



Composition biochimique — ce ne sont pas les mêmes molécules


Le sucre blanc, extrait de la canne à sucre, subit un raffinage à haute température qui élimine l'intégralité de ses composés naturels. Il est composé de saccharose — fructose et glucose liés ensemble — et ne contient plus aucun minéral, enzyme ou composé bioactif. Lors de la digestion, ce lien doit d'abord être rompu avant que le glucose puisse être absorbé.

Le miel, lui, est un sucre inverti : le fructose et le glucose y sont déjà séparés, prêts à être absorbés. Il contient également plus de fructose que le sucre blanc. C'est ce qui explique son index glycémique plus bas — autour de 55-60 contre 65-70 pour le sucre blanc. À quantité égale, le miel élève donc moins la glycémie, ce qui limite les pics glycémiques, les hypoglycémies réactionnelles et les fringales.

Le sucre roux, ou cassonade, est moins raffiné et conserve de petites quantités de minéraux issus de la mélasse résiduelle — potassium, calcium, magnésium, fer. En quantités trop faibles pour avoir un impact significatif sur la santé. Mais son pouvoir sucrant est plus élevé que celui du sucre blanc — ce qui signifie qu'on en utilise moins pour obtenir le même goût sucré, et donc moins de calories au final.

Le vrai ennemi du miel, ce n'est pas la cuillère en inox — c'est la chaleur.

Le fructose — une nuance importante


Le miel contenant plus de fructose que le sucre blanc, une précision s'impose. Le fructose n'est pas dangereux en soi — c'est toujours la quantité qui joue. Consommé en excès et de façon répétée, il est métabolisé directement par le foie et peut, sur le long terme, contribuer à une stéatose hépatique (le foie gras). Dans le cadre d'une consommation modérée — et on parle ici de quelques cuillères par jour — ce risque ne se pose pas.


Les propriétés du miel , tous les miels ne se valent pas


Le miel brut non chauffé contient des polyphénols et des flavonoïdes aux propriétés potentiellement antioxydantes et anti-inflammatoires. Ces effets sont bien documentés chez l'animal — mais chez l'humain, les preuves restent à ce jour insuffisantes pour l'affirmer. La recherche est prometteuse, pas encore conclusive.

Ce qui est sur cependant c’est que tous les miels ne sont pas équivalents. La composition varie selon les fleurs butinées, la région de production et le mode de fabrication. Un miel brut, artisanal, non filtré et non chauffé conserve l'ensemble de ses composés bioactifs. À l'inverse, beaucoup de miels vendus en grande surface sont filtrés, chauffés, voire coupés avec du sirop de glucose — ce qui annule une grande partie des avantages évoqués dans cet article.


Cuillère en inox ou en bois ?


On entend souvent qu'il ne faut pas utiliser de cuillère en inox avec le miel, sous peine de lui faire perdre ses propriétés. C'est faux. L'inox est un matériau inerte qui ne réagit pas au contact du miel à température ambiante. Aucune étude sérieuse ne vient appuyer cette idée.

Ce qui détruit réellement les propriétés du miel, c'est la chaleur — au-delà de 40°C, les enzymes, polyphénols et flavonoïdes se dégradent. Ajouter du miel dans un thé chaud, l'incorporer dans une préparation cuite ou le chauffer au micro-ondes lui fait perdre l'essentiel de ses composés bioactifs. Il devient alors quasiment équivalent au sucre blanc. Le vrai ennemi du miel, ce n'est pas la cuillère en inox — c'est la chaleur.


Conclusion


Le miel présente des avantages réels sur le plan de l'index glycémique et de la composition biochimique. Mais que ce soit l'un ou l'autre, les recommandations restent les mêmes.

Les produits sucrés peuvent occuper 5 à 10% de l'apport énergétique journalier dans le cadre d'une alimentation équilibrée. Et pour limiter les fluctuations de glycémie, il est toujours préférable de les inclure dans un repas complet plutôt qu'en dehors — ce qui ralentit leur absorption et limite les pics glycémiques.

Mieux informé pour mieux choisir — c'est tout ce qui compte.



Gwladys Vivien

Diététicienne Nutritionniste




Pour les curieux...

Ahmed A. et al. Effect of honey on cardiometabolic risk factors: a systematic review and meta-analysis. Nutrition Reviews, 2023 ; 81(7) : 758-774.

Javanmardi F. et al. Dosage exploration of the effects of honey and its derivatives on cardiometabolic outcomes. Nutrition & Diabetes, 2025.

Alkhaled M. et al. Honey and Diabetes: The Importance of Natural Simple Sugars in Diet. PMC, 2018.

World Health Organization. Guideline: Sugars Intake for Adults and Children. Genève, 2015.

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